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Le Maghreb rachète l'Europe

19/02/2013 08:57

19/02/2013

 

 

 

On était plutôt habitués à l'inverse. À la faveur de la crise au

 

nord de la Méditerranée, de plus en plus d'entreprises

 

tunisiennes et marocaines s'implantent en France, en Belgique,

 

en Espagne... Et ça ne fait que commencer.

 

« Alors que Total ferme des raffineries en France, je rêverais qu'il soit

 

remplacé par des entreprises maghrébines », expliquait Arnaud Montebourg

 

en décembre 2012, lors d'une conférence à Paris. Le ministre français du

 

Redressement productif peut garder espoir. Plus un trimestre ne se passe

 

sans qu'une entreprise marocaine ou tunisienne n'investisse sur les marchés

 

européens.


Mi-janvier, c'est Jet Alu, coté à Casablanca, qui a annoncé le rachat d'une

 

PME française spécialisée dans les travaux de menuiserie métallique. « 

 

Depuis deux ans, son état-major était à la recherche d'une opportunité »,

 

explique Hassan Laaziri, directeur général de CDG Capital, un capital-

 

investisseur marocain détenteur de 10 % de Jet Alu. Une acquisition faite à

 

bon prix : 110 000 euros. L'entreprise Leblanc, dont le chiffre d'affaires

 

atteignait 10,7 millions d'euros en 2011, avait été placée en redressement

 

judiciaire.

 

La tendance n'est certes pas nouvelle : dès 1993, le tunisien Coficab

 

implantait une de ses usines de fabrication de câbles automobiles au

 

Portugal, avant d'en ouvrir une autre en 2005 en Roumanie et de transférer

 

une partie de ses activités de recherche et développement en Allemagne.

 

Mais la crise en Europe et les problèmes de trésorerie d'un nombre croissant

 

d'entreprises du Nord ont clairement stimulé l'intérêt des PME

 

maghrébines.

La nouvelle génération de patrons a complètement intégré la logique de la mondialisation

« Avec la crise, c'est les soldes ! » lance Badreddine Ouali, PDG de Vermeg.

 

Fournisseur de logiciels pour la Banque de France et Société générale, la

 

PME tunisienne s'est offert 24,45 % des actions du belge Business Solutions

 

Builders (BSB) pour 5 millions d'euros. Avec la possibilité d'en prendre le

 

contrôle d'ici à février 2014. Coté sur le marché alternatif de la Bourse de

 

Bruxelles, BSB réalise pourtant un chiffre d'affaires deux fois plus important

 

(35 millions d'euros) que son nouvel acquéreur.

 

Pour Badreddine Ouali, c'est l'occasion de se rapprocher de ses clients

 

européens tout en intégrant une activité complémentaire : BSB est spécialisé

 

dans les logiciels bancaires commerciaux, quand Vermeg est concentré sur

 

les services informatiques de contrôle et de gestion. « Comme nous ne

 

sommes pas concurrents, c'est un mariage gagnant-gagnant », explique le

 

patron tunisien, persuadé que les rapprochements entre compagnies

 

européennes et maghrébines sont naturels. « Si vous n'êtes qu'au Sud, vous

 

avez des difficultés à comprendre le marché européen, estime-t-il. Quant aux

 

entreprises du Nord, elles ont des problèmes de compétitivité. »


 

 

 

Racheter une entreprise en Europe, c'est aussi la possibilité de passer du

statut de sous-traitant au rang de fournisseur direct de grands donneurs

d'ordre. « L'acquisition de Solaufil, en 2009, nous a offert la possibilité de

détenir une marque, Mecafilter, très connue en France, et de vendre

directement nos filtres à air à une dizaine de constructeurs automobiles, ce

qui était impossible avec une marque tunisienne, reconnaît Amine Ben Ayed,

PDG de Misfat. Aujourd'hui, nous exportons nos produits dans 80 pays. »

Devenu financièrement plus solide, Misfat peut désormais accorder

davantage de moyens à l'innovation. Un cercle vertueux qui lui a permis de

déposer trois nouveaux brevets en 2012.
 

 

 

À armes égales

 

Très souvent, l'investissement en Europe est aussi motivé par une stratégie

défensive. C'est le cas pour les centres d'appels marocains Outsourcia et

Intelcia. « Nous avons été confrontés à des clients qui voulaient une offre

française. En étant au Maroc, on ne couvrait pas l'intégralité des demandes.

Pour se battre à armes égales, le moyen le plus simple était d'acquérir une

entreprise, As-Com, qui jouissait d'une bonne notoriété. Offrir un service

global nous permet en outre de protéger nos investissements marocains en

faisant en sorte que certains contrats ne soient pas captés par d'autres

destinations », explique Youssef Chraïbi, fondateur d'Outsourcia, qui

envisage désormais une implantation en Espagne.

 

À 36 ans, ce Marocain assume pleinement ses ambitions européennes. Et

porte, avec d'autres comme Amine Ben Ayed et Badreddine Ouali, tous nés

après 1960, un véritable changement culturel par rapport à leurs aînés, plus

complexés vis-à-vis de leurs homologues européens. Formés aux États-Unis

ou en France, ces jeunes patrons ont pleinement intégré la logique de la

mondialisation, et leur détermination est indispensable pour surpasser les

entraves à la réalisation de ce type de projets.

 

Algérie : l'aventure européenne des Laboratoires Salem

L'entreprise pharmaceutique algérienne Laboratoires Salem a repris, il y a

trois ans, un site français de la multinationale Bristol Myers Squibb. Grâce à

son nouveau savoir-faire, le génériqueur y développe de nouveaux produits

pour l'Afrique et l'Europe.

 

Première de ces difficultés, le contrôle des changes exercé par les pays

maghrébins (la sortie de devises est limitée 1,4 million d'euros en Tunisie et

à 4,4 millions d'euros au Maroc), explique l'avocat Alain Malek, associé chez

Norton Rose. Si cet obstacle peut être contourné ou négocié en Tunisie ou

au Maroc, il est à de très rares exceptions près insurmontable en Algérie. « 

Nous avons des devises, mais nous ne pouvons pas les sortir du pays »,

déplorait Issad Rebrab, patron du groupe agroalimentaire Cevital, en

décembre 2012. Autre frein souvent mis en avant par les patrons, les

nombreuses tracasseries administratives imposées par l'Union européenne,

notamment pour obtenir des titres de séjour pour les expatriés maghrébins.

« Lors de la venue du Premier ministre français au Maroc, nous avons

soulevé ce problème et il a répondu qu'une procédure simplifiée était à

l'étude », indique Youssef Chraïbi.

 

Casse-tête

 

Mais la véritable difficulté tient au fait de reprendre une entreprise de faible

taille ou en perte de vitesse : un vrai casse-tête si le carnet de commandes est

vide. Sur un marché mature comme la France, conquérir de nouveaux clients

est plus difficile que sur une zone en fort développement. Enfin, « il est

décisif de motiver le personnel autour du projet de reprise », estime Slim

Zeghal, patron d'Altea Packaging. Incapable de jouer les premiers rôles sur le

marché français, l'homme d'affaires tunisien a finalement décidé de céder en

2011 l'entreprise Roland Emballage, acquise quatre ans plus tôt, pour se

concentrer avec succès au développement d'Altea Packaging en Afrique et au

Moyen-Orient.

 

Parce qu'ils sont prêts à créer des emplois, les entrepreneurs maghrébins

ont bonne presse en France.

 

Pour réussir, les entreprises doivent souvent repenser leur organisation. « 

Nous avons totalement décomposé notre chaîne de valeur pour tirer le

meilleur parti de chaque implantation », explique Amine Ben Ayed, de

Misfat. Si les opérations de saisie ou la comptabilité ont été transférées au

sud, la production de Solaufil est restée en France en raison du surcoût

qu'aurait impliqué son acheminement depuis la Tunisie. Au final, dix salariés

ont même été embauchés sur le site français.

 

Parce qu'ils sont prêts à créer des emplois, les entrepreneurs maghrébins

ont bonne presse dans l'Hexagone. À Évreux (nord-ouest de Paris), le

Conseil général de l'Eure s'est plié en quatre pour accueillir Outsourcia et

revitaliser un bassin d'emplois sinistré par le départ du laboratoire

britannique GlaxoSmithKline. Quant à la ville du Mans, célèbre pour ses

rillettes de porc, elle souhaiterait voir s'implanter sur son territoire un

spécialiste maghrébin du... halal. Les temps changent. 


 

 

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